Une tour de guet devenue forteresse
L'histoire du site remonte au XIe siècle, lorsque Hugues de Pierre fait édifier une simple tour de guet à cet emplacement stratégique, en surplomb de la vallée de la Truyère. Le donjon et la chapelle que l'on peut encore observer aujourd'hui datent, eux, de la fin du XIVe siècle, période où le château prend véritablement sa physionomie de forteresse. Construit en moellons de schiste bruts, typiques du bâti local, l'édifice comprend une avant-cour entièrement fermée par les bâtiments d'habitation, avec des échauguettes à chaque angle des tours et quatre niveaux de salles superposées dans le donjon.
Sept siècles de seigneurs
Le château de Valon a changé de mains à de nombreuses reprises, et chaque famille qui l'a possédé a laissé une trace dans son histoire. La famille de Valon elle-même est documentée dès 1265, avec Philippus et Stéphane de Valon. Elle cède la place à la famille de Peyre au tournant du XIVe siècle, Étienne de Peyre rendant hommage pour le château en 1300. Suivent la famille Rolland à partir de 1341, puis les Chaumeil de Dienne, les Fontanges (qui rachètent le domaine en 1589), les Verdier de Mandilhac, et enfin les Bancarel d'Hyars au XIXe siècle.
Le château traverse aussi les soubresauts de la guerre de Cent Ans : en 1378, le capitaine routier Aymerigot Marchès s'en empare pour le compte des Anglais. Il faudra attendre 1391 et un traité pour que Ramonet de Sort le restitue à la couronne de France, entre les mains de Jean III d'Armagnac.
Une forteresse qui a inspiré la fiction
Ce genre de lieu, chargé de siècles et de secrets, a de quoi nourrir l'imagination. C'est précisément ce qu'a fait L'Escoufle, une saga en sept temps qui traverse huit siècles d'histoire à Valon, du tailleur de pierre médiéval aux communautés installées dans la région dans les années 1970. Le roman tisse un fil invisible entre les générations, symbolisé par le vol d'un rapace au-dessus du hameau, un escoufle justement, en écho au blason et à la mémoire du lieu.
Le récit s'ancre dans des repères bien réels du Carladez : le château de Valon lui-même, la commune de Lacroix-Barrez, les gorges et les barrages de la Truyère, le pont de Tréboul ou encore la centrale de Montézic. Pour qui visite les ruines, découvrir ensuite L'Escoufle est une façon de prolonger la visite autrement, en imaginant les huit siècles de vie qui ont traversé ces pierres.
Ce qu'on visite aujourd'hui
Les ruines du château de Valon sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 21 octobre 1925. Propriété de la Communauté de communes du Carladez, le site a fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration au cours des années 2000 : réouverture des accès et de l'esplanade en 2003, remise en état de la cour intérieure en 2008, puis aménagement d'un accès piéton en 2009. Le château est aujourd'hui ouvert à la visite et fait office de petit musée sur place, avec un affichage pédagogique retraçant son histoire.
La vue depuis l'esplanade, au-dessus des gorges de la Truyère, reste la vraie récompense de la visite : un panorama qui explique à lui seul pourquoi ce promontoire a été choisi, il y a près de mille ans, pour y bâtir une tour de guet.
Informations pratiques
- Adresse : Château de Valon, 12600 Lacroix-Barrez
- Accès : à environ 20 minutes de Mur-de-Barrez par la vallée de la Truyère
- Statut : monument historique inscrit depuis 1925, propriété de la Communauté de communes du Carladez
- À prolonger : le roman L'Escoufle, qui situe son intrigue à Valon sur huit siècles